08.02.2007

Le DAL loge des familles dans un gymnase

Quelque 200 personnes emmenées par l'association Droit au logement (DAL) se sont installées mercredi 7 février en milieu d'après-midi dans un gymnase du VIIe arrondissement de Paris, à deux pas du Champ de Mars, et exigent leur relogement. Les manifestants ont l'intention de camper sur place jusqu'à obtenir satisfaction.
Selon le président de DAL, Jean-Baptiste Eyraud, les manifestants craignent une évacuation jeudi matin au petit jour en raison de la présence d'un important dispositif policier qui empêche, selon l'association, toute arrivée de ravitaillement aux occupants.
Les manifestants sont des représentants de familles vivant dans des hôtels parisiens depuis parfois plusieurs années dans l'attente d'un relogement. Une délégation a été reçue mercredi en début de soirée par le cabinet du ministre de la Cohésion sociale et du Logement Jean-Louis Borloo. "Si l'association Droit au Logement a des propositions de relogement venant de bailleurs privés à nous soumettre nous les examinerons. Le ministère est prêt à regarder ces propositions sans a priori", a expliqué à l'Associated Press l'entourage du ministre mercredi soir.

07.02.2007

Borloo : le programme Anru, "le plus grand chantier de l'histoire civile"

Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, s'est félicité mercredi, à l'occasion du 3ème anniversaire de l'Anru, que la France ait été "capable de lancer un plan Marshall pour les banlieues" de 35 milliards d'euros à l'horizon 2013.

Le programme de rénovation urbaine, conçu pour réhabiliter les quartiers sensibles et organisé par la loi du 1er août 2003, est "le plus grand chantier de l'histoire civile française", a estimé Jean-Louis Borloo venu dans les locaux de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) qui fête ses trois ans.

A l'horizon 2013, 530 quartiers dits "sensibles", concernant 4 millions d'habitants, devraient être intégralement reconstruits.

"Cela faisait 25 ans que j'entendais parler d'un plan Marshall pour les banlieues, a dit M. Borloo. Notre pays a été capable de le lancer. Avec 35 milliards d'euros, le programme touchera 4 millions de personnes".

"La machine est lancée et personne n'envisage de l'arrêter, tellement ce programme est nécessaire pour les femmes et hommes de ces quartiers. Ce projet, a-t-il insisté, c'est pour casser la ségrégation urbaine".

Jean-Louis Borloo a aussi souligné qu'au-delà de la rénovation du bâti, le programme national de rénovation concerne aussi l'emploi et que, dans tous les quartiers rénovés par l'Anru "s'installent des maisons de l'emploi, des agences ANPE, des centres de formation". "Mais l'emploi, a-t-il concédé, ne se décrète pas avec un coup de baguette magique".

Selon des chiffres communiqués par l'Anru, au 1er février, 400 quartiers et 2,5 millions d'habitants sont concernés par le programme de rénovation urbaine et plus de 27 milliards d'euros sont déjà engagés.

En ce qui concerne le nombre d'opérations de logements programmées, il y a 96.000 logements construits, 200.000 réhabilités, près de 98.000 démolitions.

Pour le directeur général de l'Anru, Philippe Van De Maele, c'est "à la demande des maires, des préfets et de régions" que le conseil d'administration de l'Anru a décidé, en juillet dernier, de passer "de 188 quartiers à 530 qui feront l'objet d'une rénovation".

On arrivera à un total de 35 peut-être 38 milliards d'euros si nécessaire", a-t-il ajouté, se félicitant que dans certains endroits, comme à Echirolles, près de Grenoble, des pétitions de résidents, relayées par la CNL (confédération nationale du logement) aient demandé à bénéficier du programme de rénovation.

12.01.2007

SDF: Borloo prévoit 16.000 places durables en plus, les "Don Quichotte" lèvent le camp

Le gouvernement a annoncé "un plan d'action renforcé" pour 2007 en faveur du logement durable des sans-abri. Un comité de suivi de ce programme sera installé le 17 janvier. Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées a donné un avis favorable au projet de loi instituant le droit au logement opposable.

L'installation de centaines de tentes le long du canal Saint-Martin depuis la mi-décembre à Paris par l'association Les Enfants de Don Quichotte aura été efficace. Après l'annonce la semaine dernière de la mise en oeuvre du droit au logement opposable à partir de fin 2008, le gouvernement a annoncé lundi "un plan d'action renforcé" pour 2007 destiné aux personnes sans-abri. Un dispositif de 27.100 places d'hébergement durable au lieu des 13.500 places actuelles sera mis en place cette année. Il doit permettre de trouver "une solution pérenne" pour toute personne accueillie en hébergement d'urgence, avec un accompagnement si nécessaire, selon le communiqué du ministère du Logement.

Au total, ce sont 16.000 places nouvelles d'hébergement durables qui sont créées cette année, tandis que 10.500 places d'hébergement d'urgence parmi les 100.000 existantes seront transformées en places de réinsertion. L'association les Enfants de Don Quichotte a pris acte de cette "sortie de crise" et a appelé à lever les campements à Paris et en province. Cette décision s'appuie sur "un changement radical de politique concernant les sans-abri et la certitude qu'un droit au logement opposable sera adopté prochainement dans un vrai esprit de consensus politique et associatif", selon Augustin Legrand, fondateur de l'association.

Le gouvernement a annoncé la création d'un comité de suivi de son programme dès le 17 janvier. Ce comité, auquel les associations d'aide aux personnes en difficulté sont invitées à participer, sera coprésidé "à parité" par Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, et Augustin Legrand. La Fnars est par ailleurs "chargée (...) de proposer des solutions adaptées aux situations individuelles des personnes sans-abri et sous tentes", en particulier celles se trouvant dans les campements des Don Quichotte, a précisé le ministère.

Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées a approuvé lundi le projet de loi instituant le droit au logement opposable. Ce texte sera présenté le 17 janvier en Conseil des ministres avant d'être discuté au Sénat le 25 et à l'Assemblée nationale le 21 février, veille de la fin théorique de la session parlementaire.

Le ministre du Logement, Jean-Louis Borloo, a également annoncé lundi le renforcement des mesures en faveur du logement social. "L'effort sur le logement locatif social sera poursuivi. 160.000 logements sociaux en 2007 dont 120.000 dans le parc public social sont d'ores et déjà programmés et financés", indique le communiqué du ministère. Parmi ceux-ci, le nombre de logement très sociaux est porté de 63.000 à 80.000, les autres 40.000 étant du logement intermédiaire.

21.09.2006

Jean-Louis Borloo et la maison à 100.000 euros

Dissocier l'achat du terrain et du bâti sera prochainement possible pour les "maisons à 100.000 euros", a ainsi annoncé le ministre qui veut répondre à la flambée des prix des terrains à bâtir.

"On a lancé l'idée de la maison à 100.000 euros, qui est une maison construite comme les autres, simplement avec moins de TVA, des subventions complémentaires ou des montages financiers innovants. Au vu des expérimentations qui sont faites, on s'est dit qu'il fallait que le terrain puisse être acheté après avoir payé la maison", a-t-il expliqué.

"L'accession sociale à la propriété doit se faire aux mêmes conditions de dépenses que le locatif. Il n'est pas question d'inciter les gens à augmenter leur niveau d'endettement", a-t-il insisté.

Le dispositif sera mis en place par la Caisse des dépôts et consignations et l'Union d'économie sociale pour le logement, en liaison avec le ministère.

Ce portage sera fait sur une durée de 20 à 25 ans, qui est la durée de remboursement du prêt qu'aura contracté le ménage pour l'acquisition du bâti, a précisé le ministère.

Le dispositif devrait concerner 10.000 à 20.000 habitations par an. La "maison à 100.000 euros" est réalisable notamment via une TVA réduite de 19,6% à 5,5% dans les quartiers en rénovation.

Pour l'heure, une centaine de communes se sont engagées dans le projet des maisons à 100.000 euros et "35 ont physiquement lancé des programmes", a indiqué Jean-Louis Borloo, citant Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) et Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). L'objectif, a-t-il ajouté, est d'"en faire 30.000 à 40.000 par an".

Par ailleurs, le ministre du Logement a affirmé mardi, en marge d'une audition à l'Assemblée nationale, qu'il y aurait une "baisse sensible" des prix de l'immobilier en France d'ici deux ou trois ans, due notamment à l'augmentation de l'offre de logements. Nous allons "revenir à un marché normal", a-t-il précisé.

Selon lui, l'étau se desserre grâce aux constructions de logement, ce qui permettra que les baisses bénéficieront à  "tout le monde", à l'exception de quelques "micro-marchés".

Selon un document du ministère, "la relance de la construction (410.000 logements mis en chantier en 2005, près de 430.000 sur les 12 derniers mois contre 310.000 en 2002) porte ses fruits".

"Les prix à la vente sont désormais à la baisse et la hausse des loyers constatée en 2006 est la plus faible enregistrée depuis 1999", ajoute le document.