26.01.2007
Borloo a-t-il réussi ?
Seulement 33% des Français jugent Jean-Louis Borloo efficace en matière de réduction du chômage! Ce faible score ne ressemble pas à un acte de défiance à l'égard du ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, mais il reflète un scepticisme général: 32% des personnes interrogées font confiance à la gauche pour diminuer le chômage et à peine plus (33%) à la droite. Jean-Louis Borloo est donc dans la norme! Pourtant, il peut revendiquer un bilan fort honorable: depuis mai 2005, le chômage a reculé presque mois après mois, pour atteindre 8,7% en novembre. Ce ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale serait-il efficace? Simplement chanceux ou... manipulateur? Eliminons cette dernière hypothèse (voir l'encadré) pour nous concentrer sur les deux premières: Borloo recueille les fruits de sa politique, c'est un fait, mais bénéficie également de circonstances favorables.

"Tout ce qui peut être délocalisé l'est déjà"
La première d'entre elles: un redémarrage de l'activité entraînant des créations d'emplois. Pour être précis: plus de 77 000 en 2005 et 138 000 en 2006 dans le secteur marchand. Après une contre-performance sévère au troisième trimestre (croissance nulle), l'année 2006 devrait s'achever, selon l'Insee, sur une progression moyenne du produit intérieur brut (PIB) de 2,3%. Le bâtiment et les services jouent très clairement le rôle de locomotive: pour l'année écoulée, ces deux activités ont généré, respectivement, 50 000 et 160 000 embauches. La promotion enthousiaste des services à la personne (aide ménagère, garde d'enfants, dépannages, etc.) par le ministre de l'Emploi explique-t-elle ce boom? En France comme ailleurs, ces métiers sont plus naturellement créateurs d'emplois. Il est encore trop tôt pour mesurer l'efficacité propre au dispositif Borloo. L'industrie, elle, souffre toujours, mais moins durement que ce ne fut le cas en 2003 et 2004. Les entreprises du secteur ont perdu 97 000 emplois en 2005 mais "seulement" 72 000 en 2006, et l'érosion paraît se stabiliser. "Le pire est passé, estime Eric Heyer, directeur adjoint à l'institut de conjoncture OFCE. Tout ce qui peut être sous-traité et délocalisé l'est sans doute déjà."
Popularité ambiguë
Quand tous réclamaient de parler, lors du congrès de l'UMP, le 14 janvier, lui est passé sans dire un mot. Jean-Louis Borloo n'officialisera son ralliement à Nicolas Sarkozy qu'en février, afin de mieux le mettre en valeur. Image transpartisane En bandoulière, son image "sociale". De fait, le ministre de la Cohésion sociale fait partie des rares membres du gouvernement à transcender les clivages: la moitié des sympathisants de gauche et les trois quarts des sympathisants de droite apprécient son bilan. Impression générale ou vrai soutien? L'opinion est ambiguë: détaillée thème par thème, l'action de Borloo est qualifiée d' "inefficace", qu'elle concerne l'égalité des chances, le logement, le chômage ou la lutte contre les inégalités. Sur ces deux derniers points, même les sympathisants de droite se montrent majoritairement sévères. Il est vrai qu'il s'agit là de dossiers sur lesquels l'ensemble de la classe politique est jugée très négativement.
Baby-boomers sur le départ
Deuxième élément, déterminant lui aussi: les baby-boomers prennent leur retraite. Les seniors sont désormais presque aussi nombreux à quitter le marché du travail que les jeunes à y entrer. Du coup, "depuis deux ans, la population active n'augmente presque plus", observe Eric Dubois, à la tête du département conjoncture de l'Insee. La hausse oscille, selon les estimations, entre 0 et 40 000 par an. Un chiffre faible, comparé aux années 2003 (+ 125 000) et 2004 (+ 108 000). Le phénomène, prévisible, est bien sûr lié au vieillissement de la population. Mais la réforme des retraites de 2003 a accéléré le mouvement en permettant aux salariés ayant démarré leur carrière très jeunes de percevoir la quasi-totalité de leur retraite avant 60 ans: dès 2004, 92 000 préretraités prenaient le large, suivis par 76 000 autres en 2005 et 36 000 en 2006. Cette désertion cruciale explique, en partie, l'ampleur de la baisse actuelle du chômage."
"Effet neutre" du CNE
Troisième élément favorable, clairement imputable, lui, à la politique du ministre de l'Emploi: le nombre des emplois aidés progresse à nouveau dans le public. Il avait chuté de 22 000 en 2005. En 2006, il augmente de 25 000. De janvier à octobre 2006, plus de 270 000 contrats aidés ont été signés dans les administrations et les services publics. Après plusieurs années de forte baisse, liée notamment à l'arrêt des emplois-jeunes créés par le gouvernement Jospin, "ce retour en grâce des emplois aidés alimente la baisse du chômage", estime Eric Dubois. L'impact du contrat nouvelle embauche (CNE), lancé par Dominique de Villepin et soutenu du bout des lèvres par Jean-Louis Borloo, est plus incertain. Faute de recul, les économistes s'interrogent toujours sur les possibles effets de substitution: on recrute en CNE plutôt qu'en CDD ou en CDI... Par ailleurs, la souplesse offerte est à double sens: elle permet plus d'embauches quand l'activité reprend, mais plus de licenciements quand elle décline. "Au final, l'effet CNE sur l'emploi devrait être neutre", conclut Eric Heyer.
Objectif 2007
L'année 2007 sera-t-elle aussi favorable? Les créations d'emplois dans le privé devraient atteindre 73 000 au cours du premier semestre. Quelque 150 000 contrats aidés devraient être signés dans le public. Et les départs à la retraite vont se poursuivre. Quand Jean-Louis Borloo quittera son ministère, il pourrait bien revendiquer un taux de chômage voisin de 8,2% (prévision de l'Insee pour juin 2007), son plus bas niveau depuis 1983. Comment crever ce plancher? Par de profondes réformes du marché du travail (fusion de l'Unedic et de l'ANPE, création d'un contrat de travail unique...)? Le débat est déjà au cœur de la prochaine présidentielle.
12:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Borloo, Bilan, Positif, 2007, Emploi, chomage, CNE
06.12.2006
Contrats d'avenir : Borloo veut "aller plus loin"
Le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a déclaré hier que 110.000 contrats d'avenir ont été signés en un an et qu’"il faut aller beaucoup plus loin".
Le "contrat d'avenir" est un CDD de deux à trois ans dont la durée hebdomadaire est limitée à 26 heures payées au Smic : une misère. Réservé aux chômeurs de longue durée percevant les minima sociaux (RMI, ASS, API), il offre du sous-emploi dans le secteur public ou parapublic, lui-même miné par les réductions d'effectifs. Par exemple, dans l'Education nationale où l'Etat supprime des postes, près de 40.000 Emplois vie scolaire (EVS) sont venus palier pour pas cher au manque de personnel dans les écoles primaires.
Selon le directeur de l'ANPE Christian Charpy, à juin 2006, la durée moyenne des contrat d'avenir était de 13,5 mois : on voit bien que cette formule n'est en rien un moyen de sortir durablement les chômeurs de leur situation. Par contre, l'employeur est totalement exonéré de charges et reçoit une aide forfaitaire égale au montant du RMI garanti à une personne isolée, complétée d'une aide dégressive de l'Etat, le tout pour un coût résiduel très modique.
Quelque 110.266 contrats d'avenir ont été signés depuis un an dont 90.687 depuis janvier, selon le ministère de l'Emploi. La convention d'objectif signée par les départements et les communes tablait sur 175.000 contrats d'avenir, la loi de finances 2006 en prévoyant 200.000. "J'observe que ce dispositif pour les personnes très éloignées de l'emploi fonctionne de manière diverse selon l'engagement de ceux qui le gère" (c'est-à-dire les collectivités territoriales), a constaté M. Borloo lors des questions à l'Assemblée nationale. "Une fois encore, j'en appelle à la solidarité nationale !", a-t-il lancé.
Car il faut que les chiffres du chômage continuent à faire bonne figure jusqu'aux élections, et les astucieux contrats aidés - tout bénéf pour l'employeur, misérables pour le chômeur (qu'on a la plupart du temps forcé avec menace de radiation) - y contribuent.
Dans 25 départements, plus de 10% des allocataires du RMI ont signé un contrat d'avenir et dans 26 départements, le taux de RMIstes en contrat d'avenir est compris entre 7% et 10%, selon le ministère. Pour 2007, le gouvernement a prévu de financer 100.000 contrats d'avenir supplémentaires.
19:10 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : contrat, avenir, borloo, etat, education, emploi, chomage
01.11.2006
Baisse du chômage à 8,8% fin septembre
Le taux de chômage est passé en un mois de 9% à 8,8% de la population active. La France comptait ainsi fin septembre 2.119.300 chômeurs, soit 30.400 de moins que fin août (-1,4%), a annoncé le ministère de l'Emploi.
"Nous sommes dans la bonne direction", se félicite Jacques Chirac dans un entretien paraissant mardi dans "le Figaro". "L'amélioration touche toutes les catégories, les jeunes, mais aussi le chômage de longue durée qui baisse fortement", poursuit le chef de l'Etat. "C'est 350.000 chômeurs de moins en un an et demi". Pour sa part, Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il proposerait en janvier prochain "un train de mesures complémentaires", sans dire lesquelles, pour accentuer encore cette tendance à la baisse.
"C'est la première fois qu'on fait 0,2 (point de moins) en un mois, mais ça ne reflète pas une accélération", a noté lundi le ministre de l'Emploi en commentant les chiffres de septembre. "Ce mois-ci, il y a eu une baisse assez spectaculaire sur le chômage de longue durée", a-t-il dit, en précisant par ailleurs que le nombre de chômeurs de moins de 25 ans avait reculé de 0,4%.
Jean-Louis Borloo s'est félicité des résultats à plus long terme de son Plan de cohésion sociale. Lancé en février 2005 alors que 10,1% de la population active pointait au chômage, le plan visait à réduire ce taux de trois points en cinq ans - ce qui correspond à environ 800.000 créations d'emploi. "On fera mieux et plus vite", a assuré Jean-Louis Borloo, en affirmant que 340.000 emplois avaient été créés depuis février 2005.
Les contrats aidés n'y sont pas pour rien.
D'après l'UNEDIC, 116.848 personnes bénéficiaient au 30 juin 2006 d'un Soutien à l'emploi des jeunes en entreprise (SEJE, également appelé contrat jeunes en entreprise), un CDI à temps plein ou partiel destiné aux 16-25 ans ayant un niveau de qualification inférieur au bac ou résidant en zone urbaine sensible. D'après la DARES (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), 95.526 autres personnes bénéficiaient au 30 septembre 2006 d'un Contrat initiative emploi (CIE), destiné aux personnes les plus éloignées de l'emploi. En outre, 290.933 salariés bénéficiaient à la même date d'un emploi aidé dans le secteur non marchand (contrats d'avenir et contrats d'accompagnement vers l'emploi). Ces dispositifs visent notamment à lutter contre le chômage longue durée.
Commentant les 8,8% de chômage de fin septembre, le ministre de l'Emploi a rappelé qu'il avait prévu que ce taux passerait sous les 9% "à la fin de l'année" et les 8,6% en 2007. "On est un peu en avance", a-t-il observé.
Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il présenterait en janvier "un train de mesures complémentaires pour aller plus vite vers le plein emploi". D'après lui, la France aura atteint une situation de plein emploi lorsque son taux de chômage sera compris "entre 5 et 6"% de la population active.
Le ministre souhaite qu'il y ait "moins d'emplois discontinus". Il a refusé de préciser la teneur de ses futures mesures, indiquant simplement: "Il y a des trucs qui marchent et qu'il faut absolument accentuer". Jean-Louis Borloo a rappelé que son Plan de cohésion sociale reposait sur deux éléments: un soutien aux secteurs porteurs d'emploi comme le bâtiment et les services à la personne, et une "meilleure gestion des ressources humaines" du pays.
Il a noté que les chômeurs étaient désormais reçus chaque mois par un référent unique, que 194 maisons de l'emploi étaient déjà labellisées et que 81 "plates-formes de vocation" avaient ouvert leurs portes. Cette dernière institution organise le recrutement de jeunes en fonction de leurs habiletés et non de leurs diplômes, dans des métiers porteurs ou en tension: bâtiment, travaux publics et services à la personne mais aussi hôtellerie, restauration, vente, grande distribution, industrie, sécurité et nettoyage. Plus de 12.000 jeunes ont déjà recrutés ainsi en 2006.
14:54 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chomage
12.09.2006
Toujours plus de RMIstes
Le nombre d'allocataires du Revenu minimum d'insertion est reparti à la hausse au deuxième trimestre 2006 avec une augmentation de 0,7%. Au 30 juin, ils sont donc 1,111 million en métropole (hors DOM) contre 1,104 au mois de mars, selon les chiffres publiés aujourd'hui par la Caisse nationale d'allocations familiales.
19:38 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chomage, rmi
03.07.2006
Baisse du chômage de 2,16%
La baisse du chômage continue et s'intensifie. Confirmant la «bonne nouvelle» annoncée par le premier ministre, Dominique de Villepin, mercredi, l'Insee publie ce matin les chiffres du chômage de mai qui affichent un recul de 2,16% par rapport à avril. En mai, le taux de chômage s'est établi à 9,1%, en recul de 0,2 point. En deux mois, le recul atteint 0,4 point, d'où le caractère «historique» des chiffres de mai selon le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui rappelle qu'ils représentent «la troisième meilleure performance de ces 25 dernières années».
Toutes les catégories sont concernées par cette baisse : les 26-49 ans, les plus de 50 ans et les jeunes. C'est cette catégorie des moins de 25 ans qui enregistre d'ailleurs la plus forte baisse sur un an avec un recul de 12,6%. De son côté, le chômage de longue durée repart à la baisse et le nombre de sorties des fichiers de l'ANPE pour reprise d'emploi augmente. Au total sur mai, le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 48 900 personnes. La France compte désormais 2 213 000 chômeurs. Depuis mars 2005, cela représente 261 000 chômeurs de moins. Cette inversion de tendance permet à Jacques Chirac d'afficher, pour la première fois depuis le début de son quinquennat, un bilan positif en termes d'emplois puisqu'en cinq ans le nombre de chômeurs a diminué de 29 600. C'est encore peu, mais au ministère de la Cohésion sociale, on ne doute pas que ce chiffre aille en s'amplifiant. «Depuis cinq ans, nous étions sur une tendance de 15 000 à 20 000 demandeurs d'emploi de plus par an. Nous sommes désormais sur une tendance lourde de 30 000 chômeurs de moins par mois», assure Jean-Louis Borloo qui espère qu'enfin, les mérites de son plan de cohésion sociale seront reconnus. Même tonalité chez son ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, qui estime possible de lever les barrières qui jusqu'alors ont toujours empêché le chômage de descendre sous les 8%. «Avec une croissance à 4%, le gouvernement Jospin affichait un chômage de 8,6%. Si nous pouvons descendre en dessous avec la croissance actuelle, cela veut dire que nous avons brisé le chômage structurel», affirme-t-il.11:54 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : chomage, borloo, baisse
27.06.2006
Borloo: "nous sommes sortis du chômage de masse"
"Nous sommes sortis du chômage de masse", a assuré mardi le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
"Nous sommes rentrés dans un cercle vertueux qui nous amènera à 8,9%" de la population active au chômage "dans les mois qui viennent et j'espère à 7% très bientôt", a-t-il ajouté.
21:50 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chomage, emploi

