05.05.2008

Borloo et le Grenelle de l'environnement font leur loi

Le grand raout écologiste de l'automne ne restera pas sans lendemain. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a présenté mercredi le projet de loi d'orientation issu du Grenelle de l'environnement, qui reprend les conclusions adoptées en octobre. Tour d'horizon des grands principes adoptés, qui feront l'objet de deux lois d'application.

· Logements De nouvelles normes d'isolation vont être imposées dans le neuf. Pour l'ancien, les particuliers seront incités à rénover par un crédit d'impôt et un prêt à taux zéro.

· Transports L'Etat entend créer deux mille kilomètres de lignes supplémentaires pour les trains à grande vitesse d'ici à 2020 afin de relier entre elles les capitales ré­gio­nales.

· Agriculture La part du bio, soit 2 % des surfaces cultivées actuellement, doit passer à 6 % en 2013 et à 20 % en 2020. Par ailleurs, les trente produits phytopharmaceutiques « les plus préoccupants » seront retirés du marché d'ici à la fin 2008.

· Déchets Le volume de déchets destinés à l'enfouissement et à l'in­cinération devrait être réduit de 15 % d'ici à 2012. La loi d'orientation sera examinée en Conseil des ministres fin mai, en même temps que la loi d'application Grenelle II (bâtiment, transports), pour une première lecture à l'Assemblée avant l'été. Un Grenelle III, consacré notamment à l'agriculture, arrivera au Parlement à l'automne.

10.07.2007

Jean-Louis Borloo présente le "Grenelle de l'Envionnement"

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Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement, du Développement et de l'Aménagement durables a présenté vendredi à la presse les grandes orientations du Grenelle Environnement.

L'organisation du Grenelle Environnement portée par Jean Louis Borloo, Dominique Bussereau et Nathalie Kosciusko-Morizet, vise à créer les conditions favorables à l'émergence de cette nouvelle donne française en faveur de l'environnement.

Il réunira pour la première fois l'Etat et les représentants de la société civile afin de définir une feuille de route en faveur de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables.

Il doit aboutir à la fin du mois d'octobre à un plan d'action de 15 à 20 mesures concrètes et quantifiables recueillant un accord le plus large possible des participants.

Ce plan, dont les mesures seront évaluées a priori et a posteriori, sera donc un point de départ à la mobilisation de la société française pour inscrire son développement dans une perspective durable.

La première phase est consacrée au dialogue et à l'élaboration des propositions au sein des groupes. Six groupes de travail seront constitués pour préparer cette échéance :

- un groupe « lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d'énergie »

- un groupe « préserver la biodiversité et les ressources naturelles »

- un groupe « instaurer un environnement respectueux de la santé »

- un groupe « adopter des modes de production et de consommation durables »

- un groupe « construire une démocratie écologique »

- un groupe « promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l'emploi et à la compétitivité »

Les groupes de travail sont composés de 40 membres répartis en 5 collèges. Ces collèges ont pour vocation de représenter les acteurs du développement durable : l'Etat, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés.

04.07.2007

Borloo veut "inventer l'après-Kyoto"

Le ministre d'État prépare le futur « Grenelle de l'environnement »

JEAN-LOUIS BORLOO aime les formules qui frappent et les mots qui sonnent. Le ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, pour sa première intervention hier devant la presse, a évoqué une France « en pointe sur ce combat des droits de l'homme du XXIe siècle » avant d'ajouter : « Ce qui est en jeu, c'est le grand défi de la planète, comme la faim et le terrorisme, qui sont parfois liés. Les crises environnementale et sociale se rejoignent. »
Pour y faire face, Jean-Louis Borloo estime disposer d'un atout majeur : son ministère. Un mastodonte, unique en son genre, où, pour la première fois, l'écologie côtoie l'énergie, les transports, et l'urbanisme, la mer et l'aménagement du territoire, la montagne et la forêt. Son tout premier défi sera d'ailleurs de faire collaborer l'ensemble des services rattachés à chacun de ces secteurs, frères ennemis jusqu'alors. À l'écouter, l'époque de l'« écologie incantatoire » est derrière lui et il décrit cinq grands pôles : la lutte contre le réchauffement climatique, le transport, la biodiversité et les ressources naturelles, l'aménagement du territoire et enfin, la prévention des risques techniques et sanitaires. « Il va falloir reporter au moins un quart du trafic routier vers le rail et la voie d'eau », a affirmé le ministre à titre d'exemple.
« Mesures immédiates »
Reste à passer à l'acte. Pour ce faire, l'exemplarité de l'État est un préalable. « Si nous voulons convaincre les Français de modifier leur comportement, nous devons être irréprochables », a proclamé Jean-Louis Borloo conscient qu'en la matière, la tâche est immense. « Il suffit de regarder ce bâtiment », a-t-il soupiré. Un de ces grands hôtels particuliers qui abritent les ministères où les déperditions énergétiques sont gigantesques.
Jean-Louis Borloo a évoqué deux échelons d'intervention. Le niveau national tout d'abord avec la préparation du « Grenelle de l'environnement ». Il sera mené par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Écologie. Programmée en octobre, cette négociation sera précédée d'un travail menée par six groupes composés chacun de représentants d'ONG, de syndicats du patronat, des collectivités territoriales et de l'État. « Nous attendons les premières propositions en septembre », a annoncé la secrétaire d'État. Elles seront suivies de consultations dans le cadre d'assises régionales et sur Internet. « Le Grenelle doit déboucher sur des mesures immédiates et, si nécessaires, par des lois. »
Et dans l'esprit de Borloo, ces initiatives vont également servir de socle pour sa deuxième grande priorité : que son ministère « devienne le fer de lance de la lutte contre l'effet de serre au niveau mondial ». Il compte ainsi sur la prochaine présidence de l'Union européenne par la France pour « inventer l'après-Kyoto ». L'occasion, espère le ministre, de rallier non seulement les États-Unis, mais aussi les pays émergents dont la Chine et l'Inde. En regardant le film d'Al Gore Une vérité qui dérange, Yann Arthus Bertrand disait qu'il s'agissait « du seul film catastrophe où les acteurs et les victimes sont dans la même salle », a rappelé Borloo, « ce qui se joue aujourd'hui, c'est la vie et la façon de vivre de nos enfants ».

11.05.2007

Borloo et Fillon favoris pour Matignon

Qui sera le Premier ministre de Nicolas Sarkozy ? Les noms de Jean-Louis Borloo ou Michèle Alliot-Marie sont évoqués, toutefois, c'est François Fillon qui serait pressenti à cette fonction. Cependant, selon les sondages, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, est cité par 34% des personnes interrogées dans un sondage BVA/Orange pour la presse quotidienne régionale. François Fillon est mentionné par 25% d'entre elles, Michèle Alliot-Marie arrivant en troisième position (15%). Le ministre de l'Emploi arrive aussi en tête dans un sondage Ipsos/Dell pour France 2-Europe 1-20 Minutes et Le Point avec 38% des personnes interrogées contre 17% pour François Fillon, comme pour Michèle Alliot-Marie. Le même classement ressort d'une enquête CSA/Cisco pour France 3 et Le Parisien, avec 44% des personnes qui souhaitent voir Jean-Louis Borloo nommé à Matignon contre 33% pour François Fillon et 25% pour la ministre de la Défense. Dans cette enquête réalisée auprès de 1.030 personnes, l'ancien Premier ministre Alain Juppé est cité par une personne sur cinq et le porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne, Xavier Bertrand, par 12% des sondés.
 
Jean-Louis Borloo bénéficie en particulier d'une meilleure image auprès des sympathisants de gauche, 39% d'entre eux citant son nom contre 13% pour François Fillon et 12% pour la ministre de la Défense, selon BVA. Son score est de 32% pour les sympathisants d'extrême gauche et de 46% pour ceux de la gauche parlementaire, selon Ipsos/Dell. La victoire du président de l'UMP suscite par ailleurs une adhésion qui va au-delà de son résultat de second tour, 56% des 820 personnes interrogées par BVA se déclarant satisfaites de son élection.

02.05.2007

Borloo appelle les Réunionnais à l'union sacrée derrière Sarkozy

Jean-Louis Borloo a appelé lundi les élus de la droite réunionnaise à "l'union sacrée" derrière Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, affirmant qu'"il est hors de question de toucher aux minimas sociaux".
"On a fait croire ici qu'on allait supprimer le RMI. Il est hors de question de toucher aux minimas sociaux. On va au contraire les améliorer" a déclaré à l'AFP Jean-Louis Borloo, en campagne lundi dans l'île pour Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UMP à la présidentielle.


M. Borloo a rappelé que "11.000 contrats d'avenir ont été signés avec le Conseil général" et qu'"on peut aller jusqu'à 70.000 s'il le faut". "On a voté le RSA (revenu de solidarité active) qui permet à un Rmiste de conserver son allocation tout en travaillant, on a créé une zone franche urbaine de 3.200 hectares alors que celle de Valenciennes ne compte que 280, on a décidé de financer le projet de tram-train" a-t-il souligné, estimant que "jamais il n'y a eu une politique aussi sociale, jamais il n'y a eu autant de contrats aidés".


M. Borloo a expliqué qu'au vu de ces avancées, "à Paris, on n'a pas compris" le faible résultat obtenu par Nicolas Sarkozy au 1er tour dans l'île. Le candidat UMP n'a enregistré que 25,08% contre 37,09% à Jacques Chirac au 1er tour de 2002 et 35,18% en 1995. A l'inverse, Ségolène Royal a obtenu l'un de ses meilleurs résultats avec 46,23%.
Pour le deuxième tour, M. Borloo a appelé les élus de l'UMP à "l'union sacrée" derrière Nicolas Sarkozy, les invitant implicitement à mettre un terme à leurs divisions. Pour les prochaines législatives, la présidente du Conseil général Nassimah Dindar a annoncé sa candidature, contestant l'investiture donnée par l'UMP au député-maire de Saint-Denis René-Paul Victoria.


M. Borloo a également lancé un appel aux élus UDF, en particulier à la sénatrice Anne-Marie Payet, qui ne s'est pas encore prononcée pour le second tour.
Il a déjeuné à Sainte-Marie en compagnie des principaux élus de l'UMP et du maire de la commune Jean-Louis Lagourgue (DVD), qui avait soutenu François Bayrou au 1er tour et a annoncé depuis son ralliement à M. Sarkozy pour le second tour.

01.05.2007

Sarkozy à Valenciennes



06.04.2007

Avec Borloo, le candidat UMP affiche sa carte sociale

medium_borloo-sarko.jpg APRÈS avoir tenu sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy est retourné « sur le terrain ». Direction : Servon-sur-Vilaine, où l'attendaient les salariés de l'entreprise Bridor, puis ceux de l'exploitation agricole Pirot. La nouveauté, si l'on peut dire, c'est qu'il était accompagné du ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui a longtemps tergiversé avant d'annoncer son ralliement. Depuis la semaine dernière, c'est chose faite, et la sortie d'hier a été la première organisée conjointement et surtout, publiquement.

 
« Je suis dans l'entreprise depuis dix-sept ans et j'ai pu évoluer grâce à la formation », a témoigné un salarié debout dans l'usine Bridor, où se fabriquent des pains et viennoiseries industrielles. « Et moi je viens d'arriver », plaisanteJeanLouis Borloo aux côtés d'un Sar-kozy soucieux de plaider la cause « d'une véritable politique industrielle et du maintien des usines en France ». Vêtu d'une veste blanche de protection - il a tout de même évité la disgracieuse charlotte en papier jetable -, le candidat UMP écoute les témoignages d'une poignée de salariés en contrat de transition professionnelle, une formule inventée par le ministre Borloo qui permet, après un licenciement économique et moyennant une aide publique de se former à un autre métier. « Jean-Louis et moi, on travaille ensemble. Et on a eu une idée : celle de généraliser le contrat de transition professionnelle. On va réformer le service public de l'emploi, la société va tendre la main aux chômeurs. Et en contrepartie, ils devront accepter les offres d'emploi qui leur sont faites. C'est du gagnant-gagnant », explique Nicolas Sarkozy, sous le regard ravi de Jean-Louis Borloo et celui plus discret de Philippe Douste Blazy, qui a également accompagné le candidat.
 
« Ce que je dis, je le tiendrai »
 
« Beaucoup d'ouvriers n'ont pas voté en 2002, ou ont voté pour les partis extrêmes. Mais je suis là pour vous proposer un projet de rupture sur la façon de faire. Et tout ce que je dis avant les élections, je le tiendrai », promet-il à nouveau. « Avec Jean-Louis, on va s'engager sur le plein-emploi en cinq ans et c'est possible », affirme-t-il enfin, dans un bassin d'emploi où le taux de chômage plafonne à 5 %. « Les socialistes veulent une société du minimum et nous du maximum », conclut-il avant de partir pour une autre visite express dans une exploitation agricole qui fait de l'élevage de porcs.

20.03.2007

Nicolas Sarkozy fait un pas vers Jean-Louis Borloo

Nicolas Sarkozy a fait un pas lundi soir en direction de Jean-Louis Borloo en reprenant une proposition du ministre de l'Emploi en matière de sécurisation des parcours professionnels

Nicolas Sarkozy fait un pas vers Jean-Louis Borloo
 
"Je veux que tous les Français qui sont licenciés économiques aient la chance de bénéficier d'un contrat avec le service public de l'emploi, qui débouchera soit sur une formation, soit sur un emploi", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France 2.

"C'est une proposition qu'on a élaborée avec Jean-Louis Borloo, qui est une très bonne proposition", a ajouté le candidat de l'UMP à l'Elysée, qui a dit vouloir faire en sorte qu'aucun Français ne soit "condamné à l'inactivité, parce que quand on est condamné à l'inactivité, on perd la dignité de soi-même."

Co-président du Parti radical associé à l'UMP, Jean-Louis Borloo, qui publie un livre programme dans lequel il expose la "feuille de route" qu'il voudrait voir mise en oeuvre par le prochain président de la République, n'a toujours pas déclaré publiquement et officiellement son soutien à Nicolas Sarkozy.

Selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, les deux hommes se sont cependant de nouveau vus samedi dernier. "Ça se passe bien", affirme-t-on de même source.

10.03.2007

Jean-Louis Borloo : un soutien sans faille à Nicolas Sarkozy

Le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo "soutient Nicolas Sarkozy sans faille" et sera présent à ses meetings de campagne "dans les dix jours à venir", a déclaré vendredi la porte-parole de campagne du candidat UMP, Rachida Dati

Il soutient Nicolas Sarkozy, ils doivent faire des déplacements ensemble …
…. notamment sur des sujets qui concernent les compétences" du ministre de la Cohésion sociale, a déclaré Mme Dati lors d'un point de presse au siège de campagne UMP.

Selon la porte-parole, M. Borloo "soutient Nicolas Sarkozy sans faille" et "un ou deux déplacements sont prévus dans les dix jours à venir".

Selon l'autre porte-parole de campagne, Xavier Bertrand, Jean-Louis Borloo a indiqué souhaiter "parler d'un certain nombre de sujets précis, il doit d'ailleurs rencontrer à nouveau Nicolas Sarkozy".

M. Borloo avait annoncé dimanche qu'il devait rencontrer "dans les dix jours" Nicolas Sarkozy, se disant "convaincu (qu'il pourrait) passer un pacte" pour lui apporter son soutien.

26.01.2007

Borloo a-t-il réussi ?

Seulement 33% des Français jugent Jean-Louis Borloo efficace en matière de réduction du chômage! Ce faible score ne ressemble pas à un acte de défiance à l'égard du ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, mais il reflète un scepticisme général: 32% des personnes interrogées font confiance à la gauche pour diminuer le chômage et à peine plus (33%) à la droite. Jean-Louis Borloo est donc dans la norme! Pourtant, il peut revendiquer un bilan fort honorable: depuis mai 2005, le chômage a reculé presque mois après mois, pour atteindre 8,7% en novembre. Ce ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale serait-il efficace? Simplement chanceux ou... manipulateur? Eliminons cette dernière hypothèse (voir l'encadré) pour nous concentrer sur les deux premières: Borloo recueille les fruits de sa politique, c'est un fait, mais bénéficie également de circonstances favorables.

  


"Tout ce qui peut être délocalisé l'est déjà"
La première d'entre elles: un redémarrage de l'activité entraînant des créations d'emplois. Pour être précis: plus de 77 000 en 2005 et 138 000 en 2006 dans le secteur marchand. Après une contre-performance sévère au troisième trimestre (croissance nulle), l'année 2006 devrait s'achever, selon l'Insee, sur une progression moyenne du produit intérieur brut (PIB) de 2,3%. Le bâtiment et les services jouent très clairement le rôle de locomotive: pour l'année écoulée, ces deux activités ont généré, respectivement, 50 000 et 160 000 embauches. La promotion enthousiaste des services à la personne (aide ménagère, garde d'enfants, dépannages, etc.) par le ministre de l'Emploi explique-t-elle ce boom? En France comme ailleurs, ces métiers sont plus naturellement créateurs d'emplois. Il est encore trop tôt pour mesurer l'efficacité propre au dispositif Borloo. L'industrie, elle, souffre toujours, mais moins durement que ce ne fut le cas en 2003 et 2004. Les entreprises du secteur ont perdu 97 000 emplois en 2005 mais "seulement" 72 000 en 2006, et l'érosion paraît se stabiliser. "Le pire est passé, estime Eric Heyer, directeur adjoint à l'institut de conjoncture OFCE. Tout ce qui peut être sous-traité et délocalisé l'est sans doute déjà."

Popularité ambiguë

Quand tous réclamaient de parler, lors du congrès de l'UMP, le 14 janvier, lui est passé sans dire un mot. Jean-Louis Borloo n'officialisera son ralliement à Nicolas Sarkozy qu'en février, afin de mieux le mettre en valeur. Image transpartisane En bandoulière, son image "sociale". De fait, le ministre de la Cohésion sociale fait partie des rares membres du gouvernement à transcender les clivages: la moitié des sympathisants de gauche et les trois quarts des sympathisants de droite apprécient son bilan. Impression générale ou vrai soutien? L'opinion est ambiguë: détaillée thème par thème, l'action de Borloo est qualifiée d' "inefficace", qu'elle concerne l'égalité des chances, le logement, le chômage ou la lutte contre les inégalités. Sur ces deux derniers points, même les sympathisants de droite se montrent majoritairement sévères. Il est vrai qu'il s'agit là de dossiers sur lesquels l'ensemble de la classe politique est jugée très négativement.

Baby-boomers sur le départ
Deuxième élément, déterminant lui aussi: les baby-boomers prennent leur retraite. Les seniors sont désormais presque aussi nombreux à quitter le marché du travail que les jeunes à y entrer. Du coup, "depuis deux ans, la population active n'augmente presque plus", observe Eric Dubois, à la tête du département conjoncture de l'Insee. La hausse oscille, selon les estimations, entre 0 et 40 000 par an. Un chiffre faible, comparé aux années 2003 (+ 125 000) et 2004 (+ 108 000). Le phénomène, prévisible, est bien sûr lié au vieillissement de la population. Mais la réforme des retraites de 2003 a accéléré le mouvement en permettant aux salariés ayant démarré leur carrière très jeunes de percevoir la quasi-totalité de leur retraite avant 60 ans: dès 2004, 92 000 préretraités prenaient le large, suivis par 76 000 autres en 2005 et 36 000 en 2006. Cette désertion cruciale explique, en partie, l'ampleur de la baisse actuelle du chômage."

"Effet neutre" du CNE
Troisième élément favorable, clairement imputable, lui, à la politique du ministre de l'Emploi: le nombre des emplois aidés progresse à nouveau dans le public. Il avait chuté de 22 000 en 2005. En 2006, il augmente de 25 000. De janvier à octobre 2006, plus de 270 000 contrats aidés ont été signés dans les administrations et les services publics. Après plusieurs années de forte baisse, liée notamment à l'arrêt des emplois-jeunes créés par le gouvernement Jospin, "ce retour en grâce des emplois aidés alimente la baisse du chômage", estime Eric Dubois. L'impact du contrat nouvelle embauche (CNE), lancé par Dominique de Villepin et soutenu du bout des lèvres par Jean-Louis Borloo, est plus incertain. Faute de recul, les économistes s'interrogent toujours sur les possibles effets de substitution: on recrute en CNE plutôt qu'en CDD ou en CDI... Par ailleurs, la souplesse offerte est à double sens: elle permet plus d'embauches quand l'activité reprend, mais plus de licenciements quand elle décline. "Au final, l'effet CNE sur l'emploi devrait être neutre", conclut Eric Heyer.

Objectif 2007 
L'année 2007 sera-t-elle aussi favorable? Les créations d'emplois dans le privé devraient atteindre 73 000 au cours du premier semestre. Quelque 150 000 contrats aidés devraient être signés dans le public. Et les départs à la retraite vont se poursuivre. Quand Jean-Louis Borloo quittera son ministère, il pourrait bien revendiquer un taux de chômage voisin de 8,2% (prévision de l'Insee pour juin 2007), son plus bas niveau depuis 1983. Comment crever ce plancher? Par de profondes réformes du marché du travail (fusion de l'Unedic et de l'ANPE, création d'un contrat de travail unique...)? Le débat est déjà au cœur de la prochaine présidentielle.

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