06.02.2008

Le flop des maisons Borloo

Seules quatre maisons à 100 000 euros sont sorties de terre à ce jour. L'ancien ministre de la Cohésion sociale en avait promis au moins 20 000. Un échec cuisant.

Fin 2005, Jean-Louis Borloo lançait à grand renfort de communication la maison à 100 000 euros. Entre 20 000 et 30 000 de ces habitations devaient sortir de terre chaque année en faveur du logement social. De quoi satisfaire les 87% de Français déclarant que l'accès à la propriété est une priorité. Plus de deux ans après ces déclarations, le bilan est catastrophique. «Actuellement, quatre maisons ont vu le jour», déclare l'Association française pour l'accession à la propriété (Afap), baptisée un temps «Association des maisons à 100 000 euros». Un changement de dénomination qui s'explique tout simplement par l'impossibilité à respecter le nombre tape-à-l'œil de 100 000 euros, selon une information de France Info.

 

Hausse des matières premières

Dès l'annonce de bâtir des maisons à 100 000 euros en 2005, la mise en place de ce dispositif était vaine. Plutôt que de «maisons à 100 000 euros», on parle désormais de maisons «à coûts maîtrisés». «Le prix des matières premières a effectivement augmenté. De même, il n'est pas possible d'obtenir le même prix en Ile-de-France ou dans la Creuse », justifie-t-on à l'Afap. En effet, le prix du mètre carré a entre temps flambé. Pour détourner ce frein, le Pass foncier permet de rembourser le terrain en le louant à la commune pendant un certain nombre d'années avant d'en devenir propriétaire. Mais au final, son prix s'ajoute à celui de la maison. Ainsi, le prix de la maison à 100 000 euros s'approche plutôt des 115 000 ou 120 000 euros. A Montauban, le meilleur prix obtenu a été de 103 000 euros. Et pour boucler un budget des plus serrés, selon les lieux, certains éléments seront tout simplement supprimés. Exit parfois le terrain gazonné ou encore le portail entourant la propriété.

 

Complexité du système

Une autre raison à cet échec est ni plus ni moins la difficulté du programme. Les collectivités et les constructeurs doivent dans un premier temps accepter de réaliser des efforts financiers, notamment pour abaisser le prix du terrain pour les premières et ne pas fournir des maisons au rabais pour les seconds. «Ces efforts pour maîtriser les budgets ont pu être un élément un peu bloquant», explique-t-on à l'Afap. Des difficultés qui, aujourd'hui, expliquent que seulement quatre maisons Borloo aient vu le jour. Et encore toutes sont installées sur la même commune : Ploërmel, dans le Morbihan. Cette dernière a fait venir des maisons préfabriquées d'Allemagne, qui, ensuite ont été disposées sur un terrain communal… Le maire, Paul Anselin, est pourtant confiant dans ce dispositif. «Le plan Borloo n'est pas vraiment un échec. Il a fallu aller au-delà des obstacles. Maintenant que c'est fait que je suis sûr que ça va prendre», précise-t-il. D'ailleurs, il a déjà commandé six nouvelles maisons traditionnelles à une entreprise bretonne. Avec un prix de vente record : 85 000 euros, terrain compris pour 70m2, plus «un garage et une dernière chambre aménageable», précise Paul Anselin.

 

Un programme plagié

Une exception. Car, aux facteurs financiers et administratifs s'ajoute un troisième, et pas des moindres : la politique. Certaines communes de gauche ont en effet perçu ce programme comme un enjeu politique. Plutôt que de s'engager à suivre la politique de l'ancien gouvernement, elles ont préféré monter leur propre programme de maisons à 100 000 euros. «Il n'y a aucune différence, ce sont les mêmes tarifs. Les raisons étaient purement politiques», poursuit l'Afap. Ainsi, les communes de Niort, Colmar et Lisieux ont mené leur propre bataille pour le logement à bas prix. Et les mêmes difficultés pour obtenir le juste prix. «On oscille entre 105 000 et 125 000 euros», déclare-t-on à la mairie de Colmar. Une des raisons pour lesquelles cette commune aurait monté son programme serait le manque de temps. «Nous n'avions pas le temps d'attendre de labelliser le programme vu la complexité des maisons à 100 000 euros», poursuit-on à Colmar. Pourtant, aujourd'hui, aucune maison à bas coût n'a encore vu le jour. De son côté, l'Afap assure que ses difficultés politiques devraient prendre fin. A la mi-2008, l'association attend d'ailleurs pas moins de 800 maisons à 100 000 euros, ou presque. Quant à la maison à 15 euros par jour, promise il y a quelques jours par Christine Boutin, l'Afap estime que «c'est un dispositif complémentaire qui ne devrait pas faire concurrence.»

02.02.2008

Produits bio, avions propres : le «Grenelle» en marche

Jean-Louis Borloo a signé hier deux conventions : l'une avec la grande distribution, l'autre avec l'industrie aéronautique pour réduire les émissions de CO2.

Accroître la part du bio dans les ventes des hypermarchés, développer les écolabels, réduire les émissions de CO2 dans le secteur aérien… Tels sont quelques-uns des engagements pris ce matin par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et hier par l'industrie aéronautique, dans le cadre de deux conventions signées successivement avec Jean-Louis Borloo ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables.

Avec ces 650 000 salariés et quelque 25 000 points de vente allant de l'hypermarché au magasin de proximité, la grande distribution est un secteur professionnel prioritaire pour la mise en œuvre du «Grenelle de l'environnement». «Il n'y a pas d'autres exemples en Europe où toute la profession se lance ainsi dans une démarche globale», explique d'ailleurs Jérôme Bédier, le président de la FCD.

La convention prévoit notamment de développer l'étiquetage sur les produits permettant au consommateur d'en connaître l'impact environnemental. L'en-seigne Casino est la première à s'être lancée dans l'aventure. À partir du mois d'avril, il sera possible de connaître pour plusieurs centaines de ses produits les kilomètres qu'ils auront parcourus avant d'arriver sur les rayons, les quantités de CO2 liées à la fabrication de leur emballage et leur capacité à être recyclés.

La volonté du ministère et de la fédération est de «coordonner une expérimentation sur 300 produits de consommation courante avant d'étendre la démarche à partir de 2010», explique-t-on dans l'entourage de Jean-Louis Borloo.