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23.01.2006
Borloo parie sur les services à la personne
Deux heures par foyer et par semaine, c'est 2 millions d'emplois" : Jean-Louis Borloo peaufine, pour le 1er février, le lancement du plan emploi bis du gouvernement. Peut-être parce qu'il y croit davantage qu'à celui annoncé, le 16 janvier, par Dominique de Villepin, le ministre de la cohésion sociale n'a pas cité une seule fois, lors de ses voeux à la presse, mardi 17 janvier, le contrat première embauche pour les jeunes de moins de 26 ans créé par le premier ministre.
Son "plan B", dont il avait longuement parlé le 23 septembre 2004 sur France 2, M. Borloo dit l'avoir conçu "sans que Bercy et Matignon en mesurent l'impact social et... budgétaire". Mais c'est grâce à lui que le ministre sourit aujourd'hui quand on lui demande si le taux de chômage sera inférieur à 9 % à la fin de 2006.
Cette arme secrète s'appelle les "nouveaux services à la personne". La liste des services éligibles, établie par le décret du 29 décembre 2005, est longue : les femmes de ménage, les jardiniers, les baby-sitters, la préparation des repas, l'aide à domicile des personnes âgées, les travaux de bricolage, la maintenance informatique, le soutien scolaire, la collecte et la livraison de linge, l'arrosage des fleurs, la promenade des chiens... pour 8 à 10 euros net de l'heure.
Pour s'offrir ces services, les Français auront à leur disposition, d'ici à quelques jours, un nouveau titre de paiement, le chèque emploi-service universel (CESU), qui offre plus d'avantages que l'ancien chèque emploi-service. Comme ce dernier, le CESU ouvrira droit à un crédit d'impôt de 50 % des prestations payées (dans la limite de 15 000 euros par an), qui vient en déduction de l'impôt sur le revenu.
Le CESU pourra être financé, en tout ou partie, par les entreprises, comme les chèques-déjeuners. Cette subvention sera complètement exonérée de charges sociales pour l'entreprise et de l'impôt sur le revenu pour le salarié qui en bénéficie, dans la limite annuelle de 1 830 euros par salarié. L'entreprise bénéficiera d'un crédit d'impôt sur les sociétés égal à 25 % du montant qu'elle aura abondé, dans la limite de 500 000 euros par exercice. M. Borloo estime que les entreprises ont "tout intérêt à participer au financement des chèques emploi-service universel pour faciliter la vie de leurs salariés".
En face, l'offre de services devrait exploser. Alors que, jusqu'à présent, les particuliers devaient souvent trouver eux-mêmes leurs employés, de grandes sociétés de services vont mettre à leur disposition toute une gamme de prestations accessibles sur un simple coup de fil : il suffira d'appeler des plates-formes téléphoniques pour commander, par exemple, deux heures de ménage par semaine ou une heure de dépannage informatique.
Ces sociétés de services bénéficieront, une fois homologuées, d'un avantage de taille : elles seront totalement exonérées de charges patronales, alors que le particulier qui embauchera directement sa femme de ménage ne bénéficiera que d'un allégement de 15 points de ses charges patronales.
Les grands groupes de services ou de l'économie sociale ont flairé l'aubaine : Accor, les caisses d'épargne, la Macif préparent leur offensive marketing. Axa rachèterait actuellement 40 à 50 petites sociétés par semaine. Fort de ces nouvelles offres, Laurent Hénart, le président de l'Agence nationale des services à la personne, table sur "un doublement du rythme de croissance du secteur, soit 10 % par an et 500 000 emplois supplémentaires en trois ans". "J'ai légalisé le travail au noir et un nouveau modèle d'économie sans charge", s'enthousiasme M. Borloo. Il se targue d'avoir joué un "tour" au ministère de l'économie, et à sa cohorte d'inspecteurs des finances. "Ils n'ont rien compris à mon usine à gaz et maintenant tout est parti, voté, signé", explique-t-il.
Si le succès est au rendez-vous, le ministère de l'économie, qui compense les allégements de charges, aura du souci à se faire. Il n'a budgété que 170 millions d'euros en 2006, alors que les travaux préparatoires du plan de cohésion sociale tablaient sur 500 à 600 millions d'euros par an en année pleine (exonérations de charges et crédit d'impôt sur les sociétés).
M. Borloo ne fait rien pour les rassurer : "Personne n'a mesuré le potentiel de ce nouveau moyen de paiement, sauf la Banque de France qui a décidé de créer un observatoire pour cette nouvelle monnaie", se réjouit-il. "Je suis un faux-monnayeur", confiait le ministre le 10 janvier.
09:59 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Commentaires
Un des enjeux est sans nul doute la professionnalisation des acteurs y compris de terrain (aides à domicile, encadrement...). A quand une Unversité des Services à la Personne?
Ecrit par : DUTHIL | 23.01.2006
Pourriez vous mettre en lien sur votre blog celui approuvé de François Baroin ?
Nous vous avons bien évidemment mis en lien sur son blog.
http://www.francoisbaroinblog.org
Ecrit par : RDJ MARNE et RDJ AUBE | 23.01.2006
vous pouvez vous connecter sur mon blog à l'adresse
http://www.silverlife-institute.com/frontoffice/page.php?id_rubrique=10024&id_langue=1
Ecrit par : DUTHIL | 23.01.2006
Monsieur Borloo,
Voici le texte que je viens d'envoyer à M. le Président, et que je tiens à vous transmettre, en attendant une réaction de l'un ou de l'autre :
"Monsieur le Président,
Si je viens vers vous aujourd'hui, c'est pour vous faire part de mon désappointement sur des projets de lois qui ne me semblent pas appliqués. En effet, après une période de plusieurs mois en recherche d'emploi, dont je vous avais déjà fait part il y a quelque temps par ce même canal, je viens de retrouver un poste en CDI. Oh joie de se dire que l'on ne dépendra plus de l'Etat...et des Assedics. Monsieur Borloo, dont j'apprécie la volonté à faire bouger les choses sur ce sujet, a parlé d'une prime à la mobilité pour les gens retrouvant un emploi loin de chez eux. Tel est mon cas, puisque le poste dont je viens de vous parler, se trouve à Créteil. Ma démarche, de ce matin, a été d'aller aux Assedics de ma région du Havre, pour voir comment en bénéficier... et bien non, je n'aurai droit à rien. Je ne touche pourtant que l'Allocation Spécifique de Solidarité (soit 464,61 euros) et je croyais qu'avec des revenus aussi bas, la prime à la mobilité aurait dû m'être attribué sans problèmes. Il y a là quelque chose qui ne va pas. Comment voulez-vous que les gens "se bougent" pour retravailler si dans un cas comme le mien, rien n'est fait pour les aider ? Ces 1500 ou 1900 euros, promis dans divers décrets, m'auraient été d'une grande aide pour mon installation en région parisienne. Je souhaite VIVEMENT une réponse de votre part, ou de M.Borloo, et non pas de M. le Préfet, comme la dernière fois que je vous ai écrit. Je suis sûr que vous prendrez acte de ma lettre et que j'aurais l'honneur de lire une réponse personnelle de votre main."
Voilà, M. Borloo, je compte sur vous également pour me répondre à ce sujet et me dire si j'ai tort ou raison.
Veuillez agréer, Monsieur Borloo, l'expression de mes salutations distinguées.
Thierry TRAUMANN
Ecrit par : TRAUMANN | 25.01.2006
Bonjour
Votre pari Meur Borloo:
Deux heures par foyer et par semaine, c'est 2 millions d'emplois Ce chifre est bien sur le resultat d'un calcul.
Quel est ce calcul ?
Merci de bien vouloir me repondre
Ecrit par : Gadon | 12.02.2006
je suis désappointée lorsque je vois votre nouveau contrat réservé aux moins de 26 ans et en zone sensible. cela veut dire que les autres n'ont pas droit au travail. Je vous signale seulement que ma fille a 38 ans, habite dans une zône sensible à Nantes, je ne peux pas vous dire le quartier mais je vous donne l'adresse : Bellier Katia 5 rue de l'Isère Nantes. Elle y habite depuis 4 ans déjà, elle a une petite fille à charge de 10 ans bientôt et touche le RMI et elle en a marre. Depuis qu'elle a cette enfant malgré ses démarches nombreuses, elle n'arrive pas à déboucher sur un travail. Ce qui m'a fait réagir c'est l'information qui est passée sur France 2 dimanche 12 février 2006 où on montrait un jeune homme de 34 ans qui a le même bagage qu'elle, c'est à dire fait Sciences politiques et qui est embauché à l'ANPE. Pourquoi lui, puisqu'elle est aussi en quartier sensible et qu'elle est prête à faire des concessions même si ses préférences allaient vers un travail en médiathèque. Après tout nous ne sommes que des ouvriers et nous serions fiers si nos enfants travaillaient. Je compte sur vous et attends une réponse de votre part et si possible positive.Salutations respectueuses.
Ecrit par : bellierjosephine | 14.02.2006
Bonjour,
Juste un petit message pour vous avertir de la naissance d'un site qui devrait devenir fort utile pour les utilisateurs (employeurs et salariés) du Cheque Emploi Service Universel. Tout y est gratuit : enregistrement et consultation des fiches, tout fonctionne par le code postal de votre commune et un outil "impression" permet d'afficher les prestations ou offre d'emploi pour vos panneaux d'affichage communaux.
L'adresse www.cesurama.com
Salutations
Ecrit par : Philippr | 14.04.2006
Bonjour Monsieur Borloo,
je me permets de vous solliciter car je suis actuellement étudiant en école supérieure de commerce à Paris et j'effectue une étude sur le Chèque Emploi Service Universel. J'ai effectué à ce jour des recherches sur différents sites internet mais à aucun moment je n'ai pu trouver de réponse à mon interrogation. C'est pourquoi je vous pose la question suivante:
- un assureur peut-il régler des prestations d'assurance (indemnités journalières, rente d'invalidité...) en CESU.
Je vous remercie par avance de votre réponse.
Dans l'attente je vous prie de bien vouloir agréer Monsieur, mes sincères salutations.
Ecrit par : SIMON Mathieu | 17.05.2006
Borloo , profiteur de misère humaine.
Un peu trop facile de se faire acclamer par toute la gente politicarde sous prétexte d'avoir baissé le chomage...Un peu trop facile de se faire acclamer sur le dos des chômeurs que l'on radis à tour de bras sans raison valable. Un peu trop facile de faire sa carrière sur le dos de ceux qui sont dans la mouise, pour ne pas dire plus... Par contre pour moi c'est beaucoup moins facile, ce matin on m'a laissé un message sur mon téléphone en me disant que j'étais radié à cause d'une soit disant convocation que je n'ai jamais reçu....
En 51 ans des profiteurs, j'en ai vu de toutes les couleurs, mais des comme toi et ton copain sarko jamais. Profiter de la misère du monde pour ses intérêts personnels . Tu me dira ce n’est pas un concept nouveau….
Mais ce sera moins facile le jour du retour de bâton, parce qu'il ne faut pas oublier, que quoique l'on fasse et quoique l'on dise, un jour ou l'autre, cela vous reviens dans la tronche et 'il faut alors payé.
Tant pis pour toi borloo, au mois de Mai prochain on ira
voter pour le Pen. Avec lui, ce qui est sur, on saura pourquoi on est radié, si on est juif, noir, communiste ou pd et au moins avec lui j'ai une chance je ne suis ni juif, ni noir, ni communiste ni pd (du mois pas encore).
Si tu as une explication à fournir, tu peux toujours me téléphoner
0680381859
Ecrit par : Radié | 16.06.2006
bien ce blog
Ecrit par : nathalie corbi | 17.10.2006

